Traversée CACHEMIRE / LADAKH en Camping Car

route Srinagar / Leh / Manali en Camping Car

La description des relations avec l'armée et la police dans la première partie du voyage, la tension extrême à Srinagar doivent être comprises dans un certain contexte. (juillet 2006) juste après les terribles attentats de Bombay provoqués par des islamistes pakistanais (selon l'Inde), et l'approche des élections au Pakistan ( dans moins d'un an) avec la crainte des indiens de la montée en force des intégristes musulmans.

D'Amritsar nous avons roulé vers Pathankot, puis vers Jammu.
A moitié trajet de Jammu après le poste de péage, nous avons quitté la route principale pour la direction d'Udhampur.
De suite les paysages deviennent beaucoup plus beaux.
La route est étroite mais on se croise facilement. La plus grosse difficulté se passe au début.
Un très long gué (ou petite mare boueuse) de 20 à 30 cm de profondeur (mois de juillet)
Un tracteur avec long cable attend à l'entrée.
Le conducteur de cette 'dépanneuse' nous a vu arriver avec le sourire, mais a été déçu de nous voir passer tranquille.
(je ne peux donc vous donner le tarif du remorquage)

Après la route plus ou moins dégradée reste facile et passe à travers des gorges magnifiques.



Au barrage de police à l'entrée de Mansar vous découvrez un grand lac.
Au culot gérard à demandé si on pouvait se garer dans le parking de la police juste au bord du lac.
Un grand sourire du responsable 'Why not ?' et on s'est installés.
Petit restaurant juste à côté et le matin réveil par les policiers qui nous ont porté thé au lait avec beignets.
Si nécessaire pour récupérer de la fatigue on peut y rester se reposer.
ballades au bord du lac, et même pédalo.
Nous avons ensuite repris la route lire page : vers SRINAGAR

A 18h30, un peu dépités et écoeurés de cette après midi particulière, à Srinagar,
après avoir fait le plein de gas oil (vous n'en retrouverez pas jusqu'à Kargil) nous avons pris la route de LEH.
(dans Srinagar les panneaux indiquent deux routes prendre Leh/Kargil)

20 km environ après avoir quitté la ville nous avons voulu nous garer à la sortie d'un pont avant la nuit.
Les militaires ont de suite refusé, mais nous ont conseillé de continuer 2 km jusqu'au poste de police.
Là nous avons pu nous garer sur leur parking, et une heure après le commandant de la grosse caserne proche
est venu nous chercher pour nous inviter à manger.
Le lendemain matin interdit de reprendre la route avant 7h30 et le passage des forces de sécurité.

De Yatre à Sonamarg, la route est facile et les paysages superbes (les alpes multiplié par...) avec des rizières,
plein de villages, et un contact facile et agréable avec la population.
A Sonamarg, beau village qui a été très touristique (avant les évènements)
possibilité de ballades à cheval vers glaciers et surtout pour nous dernier ravitaillement en nourriture.

A la sortie du village un barrage militaire qui semble ennuyé de nous voir là, mais nous laisse passer.
Quelques kilomètres après un camion 4X4 de l'armée nous double en force,
et ralentit pour nous attendre sans qu'on comprenne vraiment et nous ouvre la 'route'.
(plus tard nous comprendrons que sur cette portion de 8km on ne roule qu'en convoi).

Le Lonely Planet que nous n'avons lu qu'après, prévient :
interdit aux trouillards, piste sur une seule voie avec précipices incroyables.
Effectivement c'est la plus grosse peur du voyage. Impossible à décrire vraiment .
Jamais Gérard n'avait vu ça même en amérique latine où il pensait avoir connu le pire.
Pour ce qui est du véhicule, on roule sur des petits cailloux, juste la largeur d'un camion, et quelques endroits pour se croiser
où il vaut mieux se trouver côté montagne que précipice (lire :les camionneurs)

Après que le camion de l'armée nous ait laissé, la piste s'est élargie pour monter tranquille (très beaux paysages)
jusqu'au col de Zoji-La
.

Les panneaux indicateurs qui rassurent sur la distance parcourue

et inquiètent un peu sur la distance qui reste à parcourir

Nous pensions rester sur le grand parking au sommet du col, le check point était d'accord.
Malheureusement, après trois heures, un gradé est arrivé en jeep pour nous dire que c'était zone militaire et trop dangereux.
Nous sommes donc repartis jusqu'à un autre parking dans un coin superbe.
Un peu après une patrouille militaire ....
Agacés mais pas découragés nous avons continué pensant s'arrêter à la nuit dans un bon coin mais quelques KM avant Drass
la police militaire nous a arrêté pour nous annoncer très ennuyés que nous allion être obligés de dormir dans le camp
parce que la route était fermée toute la nuit pour grandes manoeuvres.
D'interdits 'Military Area' comme ils disent nous étions obligés 'Military Area'
et comme chaque fois, 'si vous avez besoin de quoi que ce soit', et pour manger nous avons le mess....

Jusqu'à Lamayuru, des paysages extraordinaires avec oasis, jolis villages, populations agréables pas poluées par les touristes, mais toujours grosse présence militaire et souvent attentes sur la route (piste) que les buldozers remettent en état.

A partir de Kargil (seul ravitaillement gasoil depuis Srinagar) les populations et les villages deviennent boudhistes. Super !
De Lamayuru à Kalsi, toujours beau et agréable.

Après c'est la déception. Des sortes de paysages désertiques sans plus aucune oasis et les si beaux torrents furieux
larges de 20 à parfois 50 mètres sont remplacés par une rivière boueuse, et la capitale Leh ....Lehde !(laide)

Seul avantage 5O km de part et d'autre de Leh, route impeccable, casernes militaires décontractées et on peut bivouaquer où on veut.


Pour information je pense que toute cette première portion est réalisable par un camping car normal
ayant quand même une garde au sol équivalente à un fourgon et un porte à faux arrière 'modéré'.


Leh / Manali en Camping Car


Ships Lays ce sera pendant les 434 km de piste Leh/Manali
notre seule alimentation ! mais franchement c'est les meilleurs qu'on ait trouvé.(pub gratuite)



Après Leh, nous avons bivouaqué à Upshi. Juste après le poste de péage, près du pont car le lendemain grosse étape.
En quiitant ce bivouac on imaginait pas vraiment la difficulté de l'étape.

Les véhicules qui circulent sur cette route comme en amérique du sud dans la cordillère,sont adaptés à la très haute altitude.
Les véhicules 'européens'. Ben on a fait avec.

Jusqu'à 4500 mètres d'altitude notre petit camion a très bien fonctionné, et puis passé cette altitude...

Un nuage de fumée blanche s'échappait de l'échappement, le moteur s'étouffait, on a vu le moment où on abandonnait.
Gérard a d'abord enlevé le cache filtre à air ça allait un peu mieux.
(enlever le filtre à air n'apportait pas de mieux et avec la poussière...)
Puis il a trouvé la solution.
Ne jamais descendre le régime moteur en dessous de 3000 tours
et toujours laisser le moteur en 'charge' (toujours en situation de forcer pour avancer)
Dès qu'on s'arrêtait pour croiser un camion le nuage blanc du gasoil non consommé nous entourait, le moteur semblait tourner
sur un seul cylindre, et à nouveau galère.
passé le col Taglang La 5328 mètres qui n'a aucun intérêt visuel.

Nous sommes redescendus à Pang. Superbe village décrit par nos baroudeurs allemands.
En fait cinq toiles de tente, un check point militaire, et rien à voir.
On s'est quand même arrêtés pour se reposer de la montée du col, et pendant qu'on faisait la sieste
quelqu'un à frappé à la porte de notre camion.

- "Bonjour je m'appelle Nicolas. Je suis moitié Hollandais, moitié suisse. je suis avec mon copain, là, dans le fourgon mercedes.
Aux Check points on m'a dit qu'on se suivait. qu'on faisait la même route.
A part nous il y aurait aussi un couple d'espagnols avec un fourgon toyota."



La situation était cocasse. Nicolas (un gars qui a l'air vraiment chouet) était éxubérant
tandis que son copain qui conduisait tenait encore le volant comme s'il était au bord d'un précipice,
les yeux grands ouverts, sans un mot.
Après, Nicolas a expliqué.
Le mercedes n'avait plus assez de puissance pour monter les derniers kilomètres des 5328 mètres du col
et contrairement à notre petit camion équipé boite courte, pont court, même leur première était trop longue. Alors ...
Nicolas le fou rire, et son copain qui avait tout conduit encore sous le choc.

- "On a fini de monter le col en marche arrière. Elle est plus courte que la première."
Après ils nous ont quitté et on s'est promis de se revoir.

Dans l'après midi, j'ai souffert de l'altitude. Impossible de parler, de manger, tout juste la force de respirer en restant assise,
alors Gérard a décidé de reprendre la piste pour ne pas prendre de risque.

On a passé encore un col à 5060 mètres, on est redescendu de près de 1000 mètres et on a repassé un autre col à 4950 mètres
et 20 km avant Sarchu on s'est enfin trouvé un bon bivouac au bord de la rivière à 4201 mètres d'altitude
ou j'ai pu dormir normalement.

On croyait avoir passé le plus dur mais la Rothang Pass a été un des moments les plus difficiles et périlleux
du fait de l'attitude et des camionneurs indiens.
A trop se réincarner c'est un peu comme la consanguinité ça rend profondément débile .
Le plus terrible c'est qu'ils ne nous offraient pas un régime particulier,
ils sont tout autant 'tueurs' entre eux.

Toujours profondément déçus par cette partie du circuit (Srinagar/Kargil nous ayant émerveillé) Déserts, pas de village,
pas d'oasis, une caravane de chevaux en 434 km,
des caravanes de véhicules transportant des touristes endormis pour la plupart tant ils semblent s'ennuyer de ce parcours.

On a encore fait un bivouac auprès d'un torrent 8km avant Koskar, en rêvant de s'arrêter quelques jours à Keylong.
puis devant la désillusion à Manali.
Là encore pas notre truc.

On a encore fait 20 km vers Kulu et dans un virage, un des trois grands monastères tibétains en Inde.
On va y rester 4/5 jours pour se reposer.
Lire Monastère

Quelques CONSEILS
pour ceux qui veulent faire le même parcours en Camping Car

Pour information je pense que toute cette deuxième portion
n'est pas réalisable par un camping car normal
Seuls les fourgons, ou des véhicules un peu comme notre camion semblent vraiment adaptés.
Les passages de gué sont très fréquents, une garde au sol inférieure à 20cm arracherait tout se qui dépasse,
et un gros porte à faux serait un handicap terrible.


Sur tout ce parcours et pour en avoir discuté avec policiers et militaires des check points, rares, pour ne pas dire inexistants sont les land rover et unimog 'baroudeurs'. Un bon fourgon aménagé comme celui de Nicolas et l'envie, semblent la meilleure solution

ROUTE / PISTE

Quand il y a du goudron : Les 'nids de poule' se suivent tous les 10/15 mètres.
En fait de 'nids de poule' cela peut aller du simple trou 20cm de diamètre, 10/15 cm de profondeur
à un trou de 1 à 2 mètres de diamètre, 20/30 cm et parfois beaucoup plus de profondeur.

On peut rarement reprendre vraiment de la vitesse entre deux 'nids de poule'

Quand le goudron est bon, (quelques rares portions), on se retrouve de suite en situation de 'rodéo'.
le véhicule saute en l'air, retombe souvent en talonnant la suspension et on ne peut guère rouler à plus de 30 km
si on ne veut pas mettre en péril le véhicule.

Dans tous les cas les routes goudronnées sont à une voie / double sens.

Quand il n'y a pas de goudron : Dans la partie Leh/Manali, c'est très cassant et pénible pour les nerfs de la peur de casser
quelque chose et surtout de l'attitude des camionneurs.

l'attitude de l'armée

Je ne peux pas assimiler l'attitude des militaires sur tout ce parcours à celle de ceux de Srinagar (lire SRINAGAR)

Ils nous ont aidé sans qu'on s'en rende vraiment compte au début à Sonamarg.

Ils étaient vraiment 'à cran' dans la première partie du parcours.
Autant les simples militaires nous autorisaient tous les campements qu'on souhaitait, autant dès qu'un gradé l'apprenait
c'était 'Forbiden, Military Area'

Le plus terrible c'est que les plus beaux bivouacs de Srinagar à Kargil sont des zones militaires et partout 'No Photo'

l'attitude de la police

Le contact est totalement différend. Que ce soit à Mansar ou à Yatre, l'accueil et les conseils sont exceptionnels.

Les Camionneurs

Comme dit Gérard on peut pas comprendre, parce que eux ils sont sûrs d'être réincarnés. Et souvent il ajoute.

A trop se réincarner en camionneur, c'est un peu comme la consanguinité ça rend profondément débile
et à 4/5000 mètres d'altitude 4 mois par an t'es mal alimenté en oxygene et franchement ça aide pas.

A part les alentours de Leh, sur aucune partie de tout ce parcours on ne peut se croiser.
Chaque fois il faut qu'un des véhicules se gare et que l'autre passe au pas.
Il y a des emplacements tous les trois/cinq cent mètres environ pour qu'un véhicule se gare,
mais jamais l'indien ne se gare en voyant un véhicule arriver en face (il pratique pareil à longueur d'année même avec ses collègues).

Toujours il s'avance et on est bloqué.
Commence alors l'intimidation pour savoir lequel reculera. situation débile qui peut durer 10 minutes et bloquer toute la circulation.

Gérard avait donc pris le parti de s'arrêter systématiquement à l'approche d'un camion croiseur.

Autre particularité.En Inde on circule à gauche,
mais lorsque le précipice était de leur coté, la plupart des camionneurs se garaient (sans trop) coté montagne
et à vous de prendre les risques.
Comme gérard s'arrêtait systématiquement, il à décidé de faire comme eux, avec un grand sourire innocent
et alors les indiens ils apréciaient pas du tout qu'on fasse comme eux, mais au moins on évitait de 's'user les nerfs'.

Autre particularité, le camionneur indien se gare toujours sur le goudron pour manger, faire la sieste, .....
et comme il n'y a qu'une voie, à ceux qui croisent ou doublent, la piste, les cailloux, la boue et les ornières.

Les BUS

C'est le même mépris de l'autre, la même indifférence à tout ce qui les entoure,
multiplié par deux peut être même par dix pour certains.
Notre feuilleton préféré c'était de voir un ou mieux plusieurs camions et un bus se croiser. Un grand moment de connerie !

Les petits vehicules transportant des touristes (ressemblant à des 4X4 mercedes blancs)
On ne les rencontre que sur le parcours Manali/Leh ce qui n'aide pas à aimer cette partie du parcours.
Ils tentent de parcourir les 434km en 14 heures ce qui est un exploit.
Alors ils sont prêts à tout et heureusement que la plupart des touristes dorment à l'intérieur des véhicules,
encore que pour certains qui se réveillent c'est plus dur, à voir les traces de vomis sur les portières.

Leur technique. l'intimidation systématique. Ils foncent sur le goudron droit face à vous.
Gérard avait pris la technique des camionneurs et des bus qui ne bougent pas du goudron.
Au dernier moment ils mordent sur la piste. Impressionnant au début.

Les convois de l'armée

jusqu'à 30 véhicules qui se suivent. et on en rencontre souvent.
Garez vous au bon endroit avant de les croiser au bord d'un précipice, et patience.


Quelques panneaux indicateurs de distance pour préparer votre voyage.

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