Traverser le BALOUCHISTAN (Infos Pratiques)

Trop d'informations éronées sur le Net (qui se justifient parfois du fait de l'évolution de l'état des routes)
mais trop souvent volontairement déformées par certains voyageurs pour se mettre en valeur,
pour donner aux autres l'impression qu'on est un grand aventurier (au 21ème siècle ça fait un peu rire) qu'on a fait un exploit.
Alors je vais vous donner les dernières infos réelles qui, je l'espère finiront de convaincre ceux qui sont sur le point de partir,
mais qui avaient encore un peu peur à cause de récits 'déformés'

et surtout lisez bien ci-dessous Révolte au Balouchistan qui, je l'espère, vous fera mieux connaitre ce peuple.

et l'Album Photos de la Taversée du Balouchistan

Toute la traversée du Balouchistan se résume sur la photo ci-dessous
Un peuple différend des pakistanais et des iraniens.
Un peuple qui vit à sa manière, en conflit avec les gouvernants parce que souvent hors règles, hors lois,
mais comment s'en sortir dans une nature si dure, mais si grandiose.



Désert du Balouchistan : TAFTAN / QUETTA 628 km


INFORMATIONS sur Etape TAFTAN / QUETTA :

Cette étape franchement on comprenait pas.
Sur les sites internet ils en parlent flippés et la parcourent la 'peur au ventre'
(ou comme d'habitude ils en rajoutent)
et deux 'baroudeurs' que nos avions croisé en Iran y pensaient avec apréhension depuis leur départ.

Bon soyons clairs. Nous on vit en Afrique, et les coupeurs de route on en a.
La seule façon de les éviter c'est de rouler uniquement le jour,
mais quand l'envie leur prend on les trouve aussi le jour et dans ces cas là que vous rouliez à un ou trois véhicules,
que vous rouliez à 10 àu 100 kmh, ils vous stoppent
et vos klaxons et appels de phare n'y font rien.
Dans la vie il y a part de chance et de malchance
et surtout sachez que plus vous êtes flippés et plus vous réagirez mal en cas de mauvaise rencontre.

Alors on a fait comme chez nous.
Le paysage était grandiose, les camionneurs qui y roulent tous les jours, super sympas, et on a flanné, pris des photos
et on s'est arrêtés dans les villages, parce qu'on aimerait pas que les touristes traversent notre Afrique sans nous parler,
sans nous dire bonjour, sans échanger quelques instants.

POSIBILITE de BIVOUACS sur ce PARCOURS :

Les 100 premiers kilomètres se parcourent sur une route goudronnée deux voies un peu étroites
ou le plus gros danger ce sont les dos d'âne (de chameau) qui protègent les passages de voie férrée.
Deux ou trois barrages ou on vous fait remplir un cahier (Nom, N° passeport ...)
puis vous arrivez à une portion deux voie plus larges de très bonne qualité
avec un check point militaire et deux casernes sur chaque coté de la route.
Si grosse fatigue, ou problème mécanique vos pourrez vous arrêter là en toute sécurité.

Encore environ 100 km et vous arrivez à DALBANDIN, ville de tous les traffics (possibilité d'y faire le plein).
Beaucoup de voyageurs passent la nuit au parking de la douane sécurisé (3km après Dalbandin en allant vers Quetta)
avant d'attaquer la portion suivante.

30 km après sortie de Dalbandin la route devient une seule voie (à double sens) sur 155 km.
A partir de là très jolis villages bon contact avec les 'sauvages' et tous les 30/40 kilomètres check points ou on prend votre identité.
au 'pire' vous pouvez y passer la nuit en compagnie des militaires en cas de grosse fatigue.

Juste un détail supplémentaire. Ceux qui font le même parcours à vélo ne font pas 628 km dans la journée,
ils font comme on vous dit. Alors détendez vous .......!

Dernier détail. les 100 derniers kilomètres jusqu'à QUETTA, se font sur route à deux voies mais ne pensez pas dépasser
les 60/70 kmh parce que en mauvais état, nombreux pièges, mais jolis paysages.

ATTITUDE avec les CAMIONNEURS PAKISTANAIS :

Ils empruntent cette route (piste) tous les jours. Vous une ou deux fois dans votre vie.
Leurs camions sont lourdement chargés et surtout avec un centre de gravité très haut,
alors ils ont très peur de quitter le goudron de peur de se renverser.
Il n'y a qu'à voir les précautions qu'ils prennent pour se croiser.
Vous en croiserez maximum une trentaine sur les 150 km les plus difficiles, alors s'il vous plait garez vous, laissez les passer,
vos aurez droit à tous les sourires et remerciements de leur part. Et surtout si vous avez un problème ils s'arrêteront.

Désolant de lire sur des sites internet :'
on a foncé phares allumés, klaxon à fond tout le parcours pour ouvrir la route .... et faire ranger les camions pakistanais'

REVOLTE au BALOUCHISTAN :

A notre retour au Pakistan, nous avions prévu de repasser par la route du centre qui s'avère la plus jolie et où les rencontres avec la population des campagnes s'avère la plus facile,
mais 15 km avant Dera Ghazi khan, une moto de police nous a rattrappés et nous a ramenés jusqu'à une caserne.
On nous a demandé de faire un demi tour de 80 km, et fourni un itinéraire pour rattraper la route du bas.
Seule explication embarassée : - c'est pour votre sécurité.

Nous avons donc repris la route jusqu'à Quetta sans aucun problème mais déçus de ce changement d'itinéraire.
Arrivés à Quetta, on nous a demandé de ne pas circuler en véhicule le lendemain
jour d'obsèques d'un dirigeant politique et de grève générale, et de ne traverser le Balouchistan que le surlendemain.
On a demandé des explications et on a compris la situation.
Le samedi précédent, le leader politique du Balouchistan avait été abattu par l'armée pakistanaise.
Des émeutes s'en étaient suivies. routes bloquées, bus et voitures brulées, quatorze morts.
Raison pour laquelle nous avions gentiment été interdits de route centrale.
Pendant deux jours les touristes venant d'Iran, avaient été gardés en sécurité par l'armée à Taftan,
puis escortés jusqu'à Quetta avec nuit et repas en caserne.
Après ça, vraiment rien à dire sur la sécurité et la prise en charge des touristes au Pakistan.

Le samedi matin, nous avons donc attaqué la route Quetta/Taftan à 6 heures du matin, un peu 'curieux' de l'accueil que nous aurions de populations encore sous le choc de cet évènement.

Premier check point on a retrouvé un motard italien qui buvait le thé avec les policiers
en attendant quelques minutes que la route soit ouverte.
Puis on est repartis avec l'assurance que tout était normal.

Dans tous les villages traversés, à l'entrée et à la sortie, des traces de pneus brulés, et de barrages improvisés le temps des émeutes,
et toujours ces sourires et cet accueil 'adorable' de la population.

Toute la journée, avec Simoné le motard italien nous nous sommes doublés, redoublés, au gré des check points,
des arrêts à discuter avec les gens, à partager l'instant sacré du thé,
à discuter avec ces gens du désert qui jamais ne nous ont montré la colère, et la détresse qu'ils venaient de subir.
Chaque fois que nous nous arrêtions pour une photo, ou pour se dégourdir les jambes,
un pickup de 'pétrol trafiquants' ou un camion s'arrétait pour nous proposer leur aide en cas de problème.
De son côté Simoné tombé en panne d'essence à un check point ne s'en faisait pas.
Le premier véhicule essence arrivé, aspirait assez d'essence pour remplir le réservoir de la moto
et bien sûr pas question de payer, juste partager un autre thé.