Des Iraniens, des Sud Africains, des "Tronches" .....

L'Iran a rendu heureuse l'africaine que je suis.

Lire aussi Récit du Voyage en Iran

Bien d'autres rencontres dans tous les pays, que nous gardons pour nous, mais dans cette page j'ai souhaité ne parler que des iraniens, ce peuple mis à l'index et qui pourtant réserve aux étrangers un accueil exceptionnel,

et c'est aussi en Iran que j'ai rencontré pour la première fois des blancs sud africains,
et franchement .............. beaucoup de certitudes, de préjugés se sont éfondrés .

L'incontournable NASSER

Gérard était comme d'habitude méfiant.
Trop de mauvaises expériences avec ces gens des offices du tourisme 'encensés'
par le Lonely ou le Routard qui ne sont en fait que les pires des rabatteurs.

NASSER, ce n'est rien de tout ça.
Le français, l'anglais, il jongle avec ces deux langues, pour rendre service, rassurer, trouver des solutions à tous ces nouveaux 'immigrés', touristes un peu inquiets, nouveaux arrivés dans le pays de satan comme dit le "petit BUSH".
NASSER, c'est le responsable du Tourist Information situé à coté de l'extraordinaire Bazar de Tabriz.

On s'y retrouve français, ivoiriens, polonais, sud africains, hollandais, asiatiques pourtant si discrets en voyage,
italiens, anglais, à tous se parler, à rire de nos aventures ou petites mésaventures,
à partir acheter des galettes, du yaourt et du miel pour déjeuner ensemble,
et Nasser de jongler avec les langues pour que nous puissions tous nous comprendre.
On va faire des courses, on laisse nos achats chez lui on repart, on revient, il est toujours là pour un conseil (gratuit !!!)
et quand l'office est fermé on se retrouve parfois chez lui en compagnie de son épouse et de sa maman
et d'autres touristes avant de repartir pour d'autres découvertes
Encore merci à toi NASSER pour l'ambiance que tu as su créer dans 'ta maison de l'étranger' et m'avoir aidé à passer mon premier contact négatif avec l'Iran. Tu as raison de dire que vous n'êtes pas des 'Talibans'



Si vous avez un problème pour les plaques d'imatriculation iraniennes, garez vous à El goli park, prenez un taxi jusqu' l'office du tourisme pour 10000 rials (1 euro) et Nasser s'occupera de vous guider.

ALI sa femme et ses deux fils

Professeur d'anglais (oui un vrai, pas un rabatteurcommec'estsifréquent dans les zones touristiques)
il était tout surpris quand nous lui avons dit que nous étions africains.
Heureux aussi de poser des dizaines de questions sur la Cote d'Ivoire, sur l'Afrique, et sur Nelson Mandéla
comme d'ailleurs tous les iraniens pendant ce séjour dans leur pays .

Rencontré dans un petit 'maquis' iranien, nous avons sympathisé et comme il partait pour juste quelques paperasses dans son école,
il a voulu nous montrer un peu du Bazar, et le 'un peu' c'est terminé après une après midi à tout découvrir,

Toute cette journée, il a tant et tant de fois traduit à des iraniens et iraniennes qui voulaient savoir d'où on venait,
comment c'était chez nous
et surtout chaque fois la question la plus émouvante -
est ce que l'Iran vous plait, est ce que les gens sont gentils avec vous, aucun problème ?
et surtout - Merci de venir visiter notre pays.

Le Merçi d'un peuple montré du doigt comme malfaisant
et qui n'a que l'accueil comme nulle part ailleurs à vous offrir pour se défendre

et comme dit gérard
- c'est bien le premier endroit au monde ou je ne vois jamais personne faire allusion à ta couleur
ni par les mots ni par les attitudes à part le premier l'effet de surprise pour certains.
Ici loin du racisme c'est l'ouverture de toutes les portes.
Tu peux dire à tes 'frères' que nulle part ailleurs il seront mieux reçu.

Avec Ali toutes les portes se sont ouvertes, et quand nous avons rencontré le directeur du musée des civilisations qui nous à trouvés déçus que son établissement soit momentanément fermé, et qu'ALI lui a dit que nous venions d'Afrique, nous avons eu droit à tous les égards, à toutes les questions

et après visite du musée ouvert rien que pour nous, le directeur a tenu à nous recevoir avec ses collaborateurs et à nous offrir, revues, livres et posters sur Tabriz.

En quittant Ali après être allé visiter son établissement scolaire, nous avons eu droit à une invitation à manger chez lui pour le lendemain soir, jour de la finale France Italie de la coupe du monde.
Une soirée triste pour l'équipe de France, surtout pour un zizou victime du racisme du football italien fidèle à sa réputation,
mais la plus heureuse soirée pour la famille d'Ali et pour nous qui avons pu échanger sur nos deux cultures sans aucun 'tabou'.

Merci encore à l'épouse d'ALI de nous avoir ouvert la porte de sa maison et de son coeur.

Mes Incroyables Frères Afrikaners

Biens blonds, les yeux si bleus, tels qu'on les imagine, qu'on les caricature.
La première fois qu'ils m'ont vue à l'office du tourisme de Tabriz, ils se sont levés spontanément, sont venus me serrer la main
pour me demander d'où j'étais, me dire leur bonheur de voir quelqu'un de leur continent, de l'Afrique.
Et à cinq reprises nous nous sommes rencontrés.
A leur arrivée chez NASSER où nous buvions le thé en me voyant ils ont éclaté de rire en disant :
- Génial c'est la maison de l'Afrique.
et un des frères d'ajouter un peu triste. C'est frustrant. quand on dit qu'on est d'Afrique on ne nous crois pas.
Toi au moins tu n'as pas se problème. pourtant on est africains.

Et la dernière fois qu'on s'est vus, avant qu'ils ne partent prendre l'avion, ils m'ont embrassé chaleureusement,
ont demandé à gérard de conduire prudemment et de prendre bien soin de moi et m'ont invité Afrique du Sud.




A Amritsar (Inde), un homme d'une soixantaine d'années nous a abordé, pour parler de notre camping car,
il avait lui aussi un Camper, En fait, il était sud africain, et il m'a avoué son besoin,
son envie de parler avec cette africaine rencontrée en Inde.
Lui aussi que nous avons revu nous a perturbé dans nos certitudes.
D'une autre génération que les deux jeunes rencontrés à Tabriz, élevé dans le contexte de l'apartheid le plus extrême,
il a eu la même attitude vis à vis de moi que les deux frères de Tabriz.

Alors après tout ça il restait quoi de tout ce qu'il y avait dans ma tête ? Les 'tronches' m'ont achevé

Les 'TRONCHES'

Je les appelle 'les Tronches' comme le fait mon ami Bèbe le plus affectueusement du monde,
quand il parle de 'personnages' de 'rustres' (comme disent les intellos),
de gens qui méritent le respect.

Avant notre départ j'avais lu un tas d'articles sur l'Iran, les journalistes y écrivaient :
Ne regardez jamais un iranien en face, ne lui tendez pas la main, ne lui parlez pas, ne le ..........


les journalistes qui nous informent sur l'Iran, sur l'Afrique du Sud d'après apartheid,
sont les mêmes qui informent la France et le monde sur la Cote d'Ivoire.

Les même 'trous duc' comme dit gérard qui ne savent que montrer les drames, les images les plus dures,
pour faire du titre, de l'argent plus que sale, sans jamais montrer ce qu'il y a aussi de bon dans les peuples.

Moi aussi, ivoirienne profondément blessée sur la façon dont la presse française avait traité le conflit dans mon pays,
je me suis laissée gruger.

Au fait, les 'Tronches' c'étaient un enseignant, deux commerçants et quatre 'rustres' porteurs du Bazar, des gens extraordinaires.
Un moment génial !

Les IRANIENNES

Certains disent des 'cafards' pour ces nombreuses femmes en tenue noire ou rien ne dépasse, mais où le visage n'est jamais voilé.
On continue bien sur d'en rencontrer, mais il y a aussi de plus en plus celles qui font honneur à la féminité.

Ci dessous la mère et ses deux filles en sont un exemple.
les talons, les orteils, les poignets ne sont plus cachés, même pour beaucoup qui continuent à porter le chador noir
et pratiquement toutes tenues confondues on voit au moins un peu et souvent beaucoup des cheveux.
Le noir est remplacé par des couleurs claires, les vêtements sont cintrés aux hanches.
Seul interdit réel : cacher les fesses.
A celles qui rèvent de visiter l'Iran mais qui sont arrétées par la tenue, prenez exemple sur l'iranienne en pantalon blanc et cheveux apparents sous un foulard clair. c'est la tenue que vous aurez à porter.

et quand vous visiterez les marchés, vous serez surprises des dessous féminins qu'on y vend. rien à envier aux occidentales,
et pour les jeans vous serez surprises de les voir moulants plus qu'en Afrique. C'est peu dire.
Un autre constat. Leurs formes sont cachées, mais il y a leur visage. Elles ont su gagner sur les interdits. Il suffit de les voir
parler à leur homme, marcher dans la rue, leurs yeux, leur sourire, l'expression de leur visage ont gagné le combat.
Jamais autant de féminité que chez une iranienne. Elles sont belles !

AMOUREUX

Partout dans les parcs, assis sur un banc, ou plus encore dans l'herbe, des couples qui sans grande démonstration,
mais par un contact de la main, un regard, échangent ce qu'il y a de plus important.

PIC NIC

la vie de ces iraniens que la plupart des occidentaux imaginent terrifiés, enfermés chez eux, dans leurs caves,
sous la menace des prochains bombardements, (Juillet 2006) promis par le petit BUSH, est toute différente.
Tous les soirs les gens se retrouvent pour discuter, partager un thé et surtout un Pic Nic

dans toutes les villes des parcs avec des bassins, et partout même dans les villes cernées par le désert,
où il est si difficile de faire pousser quoi que ce soit.
Aucun interdit comme dans les parcs français. ici ce sont des lieux de vie, de rencontre

Comment imaginer la place de l'imam à Ispahan et les enfants dans les bassins qui nagent,

se rafraichissent, pendant que les parents préparent le pic nic

Les iraniens ne s'isolent pas pour regarder la TV. Ils sortent, vivent jusque très tard la nuit.
Et le vendredi, c'est de la folie. Des tentes plantées partout dans les parcs, au bord des lacs, des rivières, dans les coins ombragés.
Et quand ils repartent en ville pour aller travailler. C'est propre !